Polluants éternels au travail : les résultats d’une enquête sur les expositions professionnelles

Publié le 12/02/2026 par DP
Polluants éternels
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a présenté, le 29 janvier 2026, les résultats d’une enquête menée auprès de nombreux établissements sur l’exposition professionnelle aux PFAS ou polluants éternels. L’étude met en lumière les secteurs concernés, les difficultés d’identification de ces substances et l’état des démarches de prévention mises en œuvre.

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont une famille de plusieurs milliers de composés chimiques synthétiques, utilisés depuis la fin des années 1940 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes à la chaleur. On les retrouve dans de nombreux produits industriels et de consommation, tels que les mousses anti-incendie, les textiles imperméables ou certains emballages alimentaires.
 

Une exposition professionnelle encore peu documentée

Si leurs impacts environnementaux et sanitaires font l’objet d’une attention croissante, leur exposition en milieu professionnel est encore méconnue et reste peu documentée. L’INRS a récemment publié les résultats d’une enquête nationale lancée en 2024, ainsi qu’un état des connaissances sur leurs effets en santé au travail.

Près de 900 entreprises issues de secteurs variés (fabrication de produits métalliques, industrie chimique, caoutchouc et plastique, machines et équipements, collecte et traitement des déchets) ont répondu au questionnaire. Parmi elles, 51 % se déclarent non concernées par les PFAS, 32 % concernées et 17 % indiquent ne pas savoir. L’enquête souligne des difficultés d’identification des substances, liées notamment à l’absence de mention explicite dans certaines fiches de données de sécurité et à la diversité des composés existants.
 

Des démarches de prévention encore limitées

Selon les résultats, 92 % des établissements ayant engagé une évaluation du risque chimique ne disposent pas d’une démarche spécifique aux PFAS. Parmi ceux ayant mis en place une évaluation dédiée, 83 % l’ont initiée depuis moins de cinq ans. Dans la filière déchets, 3 % des entreprises déclarent réaliser des analyses de PFAS et 13 % envisagent de le faire.

L’INRS rappelle que, comme pour tous les autres produits chimiques, les expositions aux PFAS utilisés ou générés par l’activité, doivent être intégrées au document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Lorsque la suppression ou la substitution des substances n’est pas possible, des mesures techniques, organisationnelles et le port d’équipements de protection individuelle adaptés doivent être mis en œuvre.


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