La prévention et le maintien en emploi des personnes à la santé fragile

L'une des priorités du PRST3 est la prévention de la désinsertion professionnelle liée à des problèmes de santé ou à une santé fragile. Une récente enquête de la DARES fait l'état des lieux entre les actions de prévention menées et les résultats du maintien en emploi des personnes à la santé fragile, de 2013 à 2016. 

L'état des lieux global du maintien dans l'emploi des salariés

En 2013, parmi les salariés en poste qui ont été interrogés, 26% déclaraient une santé altérée contre 74% en bonne santé. 89% des salariés en bonne santé étaient toujours en poste trois ans plus tard contre 83% des salariés à la santé altérée. Ces derniers comptent 6% devenus retraités, 7% devenus chômeurs, 4% devenus inactifs et 1% à être décédés.

Se maintenir dans l'emploi semble plus compliqué pour les personnes à la santé altérée. En revanche, si de l'état de santé s'améliore, il apparaît que les personnes se maintiennent plus fortement dans leur emploi : 86% des salariés à la santé altérée qui ont présentés une améloriation de leur état sont toujours en poste. 

Les facteurs du maintien dans l'emploi des salariés à la santé altérée

Les catégories socio-professionnelles et le niveau d'études

De 2013 à 2016, les salariés à la santé fragile et altérée sont restés à leur poste pour 98% des fonctionnaires, 90% en CDI et 80% en CDD-intérim.

Il s'avère que le maintien dans l'emploi est plus difficile pour les salariés n'ayant aucun diplôme ou pour ceux travaillant dans des petites structures (moins de 50 salariés). Ils sont, respectivement, 80% et 86% à être toujours en poste.

Les rapports sociaux et les contraintes au travail

Avec les données croisées de plusieurs études*, il semble que moins les salariés sont exposés à des contraintes psychosociales (comme le manque de sécurité ou des rapports sociaux difficiles au travail), plus ils restent en poste. C'est également favorisé par le maintien de bon rapports sociaux entre collègues, contrairement aux salariés en bonne santé.

Les contraintes horaires qui limitent la marge de manœuvre des salariés comme ne pas pouvoir s'absenter en cas d'imprévus, d'avoir des horaires non compatible avec les engagements sociaux ou familiaux des salariés ou encore de ne pas avoir pris tous ses congés au cours de l'année semblent associés à une sortie plus fréquente de l'emploi. 

*(L'étude "Méthode de construction d'indicateurs synthétiques de conditions de travail et de risques psychosociaux" DAVIE E. 2015 et l'enquête "Conditions de travail et risques psychosociaux" DARES 2016)

Carrière en continu et interrompue

Les salariés à la santé altérée ayant connu des périodes de chômage sont 83% à être toujours en poste contre 93% de ceux qui n'ont jamais été au chômage. 

La prévention de la santé au travail

En 2016 selon l'étude* de la DARES, 46% des directions d'établissements déclaraient la réalisation de leur Document Unique d'Évaluation des Risques (DUER). Parmi ces entreprises, 30% des salariés connaissaient son existence et 8% ont été consulté pour sa réalisation. La connaissance du DUER ne semble pas accroître le maintien dans l'emploi des salariés, contrairement aux salariés à la santé altérée ayant été consultés pour sa réalisation. Il est spécifié que l'hétérogénéité des entreprises et de leur mode de fonctionnement ne peut pas répondre concrètement au fait de mettre en lien la prévention actuelle et le maintien dans l'emploi.

Les salariés ayant une santé altérée qui ont eu une visite médicale avec un médecin du travail récente (moins de deux ans), semblent plus se maintenir dans l'emploi que les salariés en bonne santé. La perception des salariés sur l'investissement des entreprises dans la prévention tend à renforcer leur préservation dans l'emploi.

*("Mesures de prévention mises en place par les employeurs publics et privés" DARES 2016)


 En savoir plus : retrouvez l'enquête de la DARES "Quels liens entre les actions de prévention et le maintien dans l'emploi des personnes à la santé fragile ?".