Fortes chaleurs : agir pour prévenir les risques professionnels

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Travailler par temps chauds peut avoir de graves conséquences sur la santé et augmenter les risques d’accidents du travail. Le SSTRN fait un point sur les conseils de prévention, la réglementation et les obligations de l'employeur. 

Il n’existe pas de définition réglementaire du travail à la chaleur. Toutefois, au-delà de 30°C pour une activité sédentaire, et 28°C pour un travail nécessitant une activité physique, la chaleur peut constituer un risque pour les salariés.

Les travaux réalisés par temps caniculaire présentent certains risques qui doivent être mentionnés dans le document unique, notamment le risque d’accident du travail consécutif à une perte de vigilance due à la chaleur ; le risque de crampes musculaires ou de malaise pour les individus exposés ; le risque de coup de chaleur.Au regard des articles L. 4121-1 et suivants et articles R. 4121-1 et suivants du code du travail, les employeurs ont la responsabilité de prendre les mesures nécessaires visant à assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de leurs établissements, en tenant compte notamment des conditions climatiques. Des mesures plus ciblées sont aussi prévues. Le décret n°2008-1382 du 19 décembre 2008, relatif à la protection des travailleurs exposés à des conditions climatiques particulières, a notamment complété l’article R. 4121-1 du code du travail. Celui-ci prévoit désormais que tout employeur doit prendre en considération les « ambiances thermiques », dont le risque de « fortes chaleurs », dans le cadre de sa démarche d’évaluation des risques, de l’élaboration du document unique d’évaluation des risques (DUER), et de la mise en œuvre d’un plan d’actions prévoyant des mesures correctives. En cas d’accident dû aux conditions climatiques, la responsabilité de l’entreprise peut être engagée. Cette dernière sera alors appréciée par rapport aux mesures de prévention qui auront été prises.

Les effets de la chaleur sur la santé sont plus élevés lorsque se surajoutent des facteurs aggravants comme la pénibilité de la tâche. La chaleur augmente par ailleurs les risques d’accidents car elle induit une baisse de la vigilance et une augmentation des temps de réaction.

La prévention la plus efficace consiste à éviter ou au moins à limiter l’exposition à la chaleur. Pour cela il est possible d’agir sur l’organisation du travail (augmentation de la fréquence des pauses, limitation du travail physique, rotation des tâches…), l’aménagement des locaux (zones de repos climatisées, ventilation), les matériels et les équipements. Pour le travail en extérieur en période de canicule, des mesures préventives simples et efficaces permettent de remédier aux effets de la chaleur (travail durant les heures les moins chaudes, mise à disposition d’eau fraîche à proximité des postes de travail, aménagement de zones d’ombre…). Ces mesures doivent être accompagnées d’actions d’information et de formation des salariés.

 

Le niveau de veille saisonnière du plan national canicule a été activé le 1er juin et sera automatiquement désactivé le 31 août, sauf si des conditions météorologiques particulières justifient son maintien.


Consulter le dossier thématique "Travail et chaleur" du SSTRN.
L'actu sur la site de la DIRECCTE Pays de la Loire.
Suivre la situation météorologique en temps réel avec la carte de vigilance de Météo-France.
Consulter le dossier de Santé Publique France.
Télécharger le dépliant de l'INPES "canicule, fortes chaleurs - adoptez les bons réflexes".


Quelques recommandations

  • Pensez à consulter le bulletin météo (radio, presse, etc.).
  • Surveillez la température ambiante.
  • Buvez, au minimum, l’équivalent d’un verre d’eau toutes les 15 à 20 min.
  • Portez des vêtements légers qui permettent l’évaporation de la sueur (ex. : vêtements de coton), amples, et de couleur claire si le travail est à l’extérieur.
  • Protégez-vous la tête du soleil.
  • Adaptez votre rythme de travail selon votre tolérance à la chaleur et organisez le travail de façon à réduire la cadence, notamment en aménageant les plages horaires de travail.
  • Réduisez ou différez les efforts physiques intenses, et reportez les tâches ardues aux heures les plus fraîches.
  • Allégez la charge de travail par des cycles courts travail/repos.
  • Réclamez et utilisez les aides mécaniques à la manutention (diables, chariots, appareils de levage, etc.)
  • Pensez à éliminer toute source additionnelle de chaleur : éteignez le matériel électrique non utilisé, etc.
  • Utilisez un ventilateur d’appoint, extracteur de chaleur (à utiliser seulement à une température ambiante de moins de 33 °C, au-delà, cela pourrait augmenter la température).
  • Évitez toute consommation de boisson alcoolisée (y compris la bière et le vin).
  • Faites des repas légers et fractionnés.
  • Redoublez de prudence si vous avez des antécédents médicaux et si vous prenez des médicaments.

 

Zoom sur une urgence médicale : le coup de chaleur

Le coup de chaleur, qui correspond à une élévation de la température du corps au-delà de 40,6° C, est une urgence vitale. Mortel dans 15 à 25 % des cas, il doit être pris en charge et soigné rapidement pour ne pas entraîner de séquelles. Il faut donc connaître les signes d’alerte (anomalies du comportement, agressivité, propos incohérents, convulsions, perte de connaissance, grande faiblesse ou grande fatigue, vertiges, nausées, vomissements, maux de tête, soif intense, Peau chaude, rouge et sèche, fièvre…) et réagir précocement. En attendant les secours, il s’agira de réfrigérer au maximum le malade (lui enlever ses vêtements, le ventiler et l’asperger d’eau fraîche).