44% des Français travaillent en horaires atypiques

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L'étude « Le travail en horaires atypiques : quels salariés pour quelle organisation du temps de travail ? » publiée par la Dares en juin 2018 révèle que près de 44% des salariés, soit 10,4 millions de personnes, travaillaient en 2017 au moins une fois par mois à un horaire "atypique".

Selon cette étude de la Dares, le travail en horaires atypiques concerne de plus en plus de Français. Parmi les horaires "atypiques" - en soirée (entre 20H00 et minuit), la nuit (entre minuit et 5H00), le samedi ou le dimanche -, le travail le samedi est le plus répandu avec 35% des salariés concernés (8,3 millions de personnes).

Les horaires atypiques concernent davantage les hommes et les jeunes salariés de moins de 30 ans. L’étude révèle également que les salariés soumis à au moins un horaire atypique ont une organisation de leurs horaires de travail plus contraignante que les autres salariés. Les horaires sont davantage contrôlés (pointeuse, badge, fiche horaire…) et la conciliation avec la vie familiale est beaucoup plus difficile.

Travail de nuit, travail posté, quelle prévention ?

Lors de la mise en place d’horaires atypiques, l’employeur doit procéder à une évaluation des risques liés aux postes concernés et s’assurer que les mesures de prévention déjà en place restent adaptées pendant ces horaires. 

Pour limiter les effets négatifs sur la santé, il peut être nécessaire de :

  • Faciliter l’articulation des temps de travail avec l’exercice des responsabilités familiales et sociales.
  • S’assurer que les horaires de poste (début et fin) sont compatibles avec les horaires de transport en commun.
  • Favoriser la dimension collective du travail.
  • Être attentif à rompre l’isolement des salariés concernés et la monotonie des tâches qui leur sont confiées.
  • En cas de rotation des postes, prévoir du temps pour les transmissions d’une équipe à l’autre.
  • Aménager des systèmes de rotation réguliers et flexibles : permettre aux salariés d’anticiper leur planning, prévoir des marges de manœuvre pour les échanges d’horaires entre salariés.
  • Privilégier des rotations très courtes (2 jours/nuit maximum) plutôt que l’instauration d’un travail type 3X8 qui oblige le système circadien à des rephasages tous les 5 jours/nuits et expose périodiquement l’organisme à des états de désynchronisation interne.
  • Favoriser le maximum de week-end de repos.
  • Raccourcir la durée des postes de nuit.
  • Repousser le plus possible l’heure de prise de poste du matin (après 6 heures).
  • Prévoir un minimum de 11 heures de repos entre 2 postes.
  • Privilégier les jours de repos après les postes de nuit de préférence.
  • Insérer les pauses appropriées pour les repas, pour le repos et la sieste. Cette dernière doit être courte de moins de 30 minutes.
  • Adapter l’environnement lumineux : prévoir une exposition à une lumière d’intensité assez importante avant et/ou en début de poste puis la limiter en fin de poste.
  • Rendre possible le retour en horaires classiques.

En savoir plus :

Dossier INRS "Travail de nuit et travail posté"