La sédentarité : à ne pas confondre avec l’inactivité physique
Actif mais trop sédentaire : un risque discret pour la santé et le cerveau
Souvent sous-estimée, la sédentarité représente un enjeu de santé publique, distinct du manque d’activité physique. Passer une grande partie de la journée assis ou allongé favorise le développement de maladies chroniques et peut aussi nuire aux fonctions cognitives. Pourtant, des solutions simples existent pour limiter ces effets, quel que soit son âge ou son mode de vie.
L’exemple de Jean et Samuel illustre bien cette réalité :
« Amis de longue date, au parcours similaire, ils n’ont pourtant pas le même niveau de risque en matière de santé.
À 45 ans, Jean pratique la course à pied plusieurs fois par semaine. Mais son métier de comptable l’oblige à rester assis plus de sept heures par jour. Entre réunions à répétition et absence d’équipements adaptés, comme un bureau réglable, il bouge peu dans la journée. Une fois chez lui, il privilégie le repos sur le canapé, souvent devant un écran.
Samuel, 46 ans, adopte une routine différente. Il marche chaque jour pour ses déplacements et passe moins de temps assis au travail. Chez lui, il reste actif en jardinant ou en cuisinant.
Résultat : malgré un mode de vie comparable sur certains aspects, Jean est davantage exposé aux risques liés à la sédentarité. »
Une confusion fréquente
Il est essentiel de distinguer sédentarité et inactivité physique. La première correspond au temps passé assis ou allongé, tandis que la seconde désigne un niveau d’activité insuffisant au regard des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : entre 150 et 300 minutes d’activité modérée par semaine pour un adulte. On peut donc être sportif et malgré tout très sédentaire.
Des effets bien réels sur le corps
Les conséquences physiques de la sédentarité sont aujourd’hui bien documentées : hausse du taux de sucre dans le sang, douleurs musculosquelettiques, et à long terme, augmentation du risque de maladies comme le diabète de type 2, les cancers ou les accidents cardiovasculaires. Les autorités sanitaires estiment qu’au-delà de huit heures passées assis par jour, les effets deviennent préoccupants. À l’inverse, réduire ce temps à environ quatre heures permettrait de diminuer significativement le risque de mortalité cardiovasculaire.
Un impact aussi sur le mental et les capacités cognitives
Au-delà des capacités physiologiques et des maladies chroniques, rester trop longtemps immobile affecte aussi le cerveau. Le risque d’anxiété et de dépression augmente, tandis que certaines fonctions cognitives peuvent se dégrader. Une étude récente montre notamment que la capacité à interrompre une action essentielle pour la concentration et la prise de décision diminue non seulement avec l’âge, mais aussi avec le temps passé en position assise.
Même une activité physique régulière ne compense pas totalement les effets d’une sédentarité prolongée. Ainsi, des personnes âgées peu sédentaires peuvent présenter de meilleures performances cognitives que des jeunes pourtant sportifs, mais très souvent assis.
Des jeunes particulièrement concernés
Chez les étudiants, la situation est préoccupante. En moyenne, ils passent environ huit heures par jour* assis ou allongés, avec des pics les jours de cours. Ce phénomène tend même à s’accentuer au fil des années d’études.
Des solutions simples à adopter
L’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) propose des conseils pratiques et des pistes concrètes pour réduire les habitudes trop sédentaires :
- se lever et bouger quelques minutes toutes les demi-heures à une heure ;
- éviter les longues périodes immobiles, notamment au travail ;
- intégrer des pauses actives pour limiter la fatigue et améliorer la concentration ;
- utiliser, lorsque c’est possible, des postes de travail adaptés permettant de varier les positions ;
- réduire le temps passé devant les écrans pendant les loisirs.
La sédentarité n’est donc pas une fatalité. Mieux la comprendre et adopter de nouvelles habitudes au quotidien constitue un levier essentiel pour préserver sa santé physique et mentale sur le long terme.
* Selon un rapport rendu en 2023 de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) et l’Association des étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Anestaps).
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Article publié le 20 avril 2026 sur le site de Présanse Pays de la Loire