La santé psychologique en questions

Page mise à jour : 30/04/2020 à 08h00 


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Après deux mois de confinement et son cortège de difficultés psychologiques, la reprise de l’activité peut engendrer pour certains salariés de l’anxiété, de l’angoisse, du stress.

 


 

Le confinement ? Un impact réel sur la santé psychologique

Selon le baromètre sur la santé psychologique des français après trois semaines de confinement, réalisé par Opinion Way pour le cabinet RH Empreinte Humaine et publié le 20 avril 2020 :

  • 44 % des salariés sont en situation de détresse psychologique, dont 18% présentent une détresse élevée ;
  • 1/4 présentent un risque de dépression nécessitant un accompagnement ;
  • 1/4 déclarent que leur motivation professionnelle s’est dégradée ;
  • plus de 20 % des managers vivent une détresse psychologique élevée ;
  • 79% des salariés plébiscitent le soutien de leurs collègues et 70% celui de leur N+1 comme ressource pour faire face à la détresse psychologique.

En plus de cette étude, à travers la cellule d’écouté téléphonique mise en place au démarrage de la crise, les psychologues du travail du SSTRN ont pu constater un besoin d’écoute de la part de salariés ou d’employeurs (généralement gérants de TPE) qui manifestent des inquiétudes ou des angoisses.

La reprise d’activité doit être pensée au niveau organisationnel, mais également aux niveaux individuel (les salariés) et collectif (les équipes de travail).

Après les gestes barrières, les entreprises doivent aussi convenir de mettre en place des actions pour sécuriser la santé psychologique de leurs salariés et de leurs collectifs de travail.

 Consulter la synthèse du baromètre Opinion Way 

 


 

Un risque d’impact négatif sur le collectif de travail

Tous les salariés ne vont pas revenir avec la même charge émotionnelle à la fin du confinement. Certains auront été en arrêt de travail, d’autres en télétravail et d’autres sur le lieu de travail.

Certains appréhendent le retour au travail parce qu’ils se sentent éloignés du réel, d’une nouvelle organisation, d’un collectif qui s’est soudé sur un effort auquel ils n’ont pas participé. Prendre un temps pour se retrouver à la sortie du confinement pour assurer une régulation collective des réactions singulières pour éviter les tensions voire les conflits n’est pas une option.

L’employeur ou le manager ont un rôle clef sur cette sortie du dé confinement avec :

  • la nécessité de manager le retour au travail ;
  • la nécessité de donner sens collectivement à l’expérience vécue ;
  • la nécessité de reconnaître en cette période exceptionnelle les ressources collectives et individuelles mobilisées, mais aussi les impacts psychologiques possibles sur ses collaborateurs (liées à la charge de travail, à une charge émotionnelle…).

Eux-mêmes auront vécu la charge du confinement et la vivront encore. Ils ne devront pas hésiter à s’aider de leur réseau professionnel ou de leur service de santé au travail pour gérer cette question de la transition.

Quelques pistes d’action :

  • prendre une demi-journée pour réunir son équipe, en présentiel ou en visioconférence ;
  • faire exprimer chacun sur son vécu singulier de confinement par rapport au travail afin de mieux comprendre dans quel état d’esprit et avec quels questionnements reviennent les salariés ;
  • inviter les salariés à mettre en débat ce qui leur a posé difficulté, ou pas, pendant cette période (télétravail subi, décisions pas comprises, mise en place non discutée d’outils comme les tableaux de reportiing d’activité…) ;
  • mettre en évidence les nouveaux modes de fonctionnement, ce qui a dû être repensé, ce qui peut être maintenu…               

Le collectif comme ressource

La crise a pu également être le témoin de l’adaptation rapide d’une équipe avec de nouvelles ressources développées. L’employeur et le manager ont tout intérêt à mettre en valeur et à reconnaître ces nouvelles ressources qui ont permis la continuité du fonctionnement de l’entreprise ou sa reprise.

 Consulter le Guide du management à distance en situation exceptionnelle sur le portail de la fonction publique (lien direct).

 


 

Un risque d’anxiété pour les salariés au moment de la reprise d'activité

La reprise de l’activité peut engendrer pour certains salariés de l’anxiété, de l’angoisse, du stress. Depuis le début de la crise sanitaire liée au COVID-19, certains salariés ont été contraints de stopper leur activité et d’autres ont dû, en lien avec leur employeur, adapter l’organisation de leur travail (télétravail, réorganisation des tâches, des horaires…). 

L’angoisse peut provenir de diverses sources :

  • crainte de la contagion (peur pour soi-même ou peur de transmettre le virus à ses proches) ;
  • crainte de contaminer ou d’être contaminé (mise à l’écart possible) ;
  • crainte de revenir dans un contexte professionnel différent de celui qu’on a laissé ;
  • crainte de se sentir perdu par rapport à d’autres collègues qui ont continué l’activité ;
  • crainte concernant la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle (garde des enfants, reprise de l’école…).

Il faut avoir à l’esprit que les salariés retrouvent une entreprise qui n’est plus tout à fait la même que celle qu’ils ont quitté avant le confinement. La situation nécessite de nouvelles manières de travailler (introduction des gestes barrières, réorganisation), une convivialité entre collègues modifiée (réorganisation des temps de pause, des temps de repas afin d’éviter les regroupements trop importants), une manière différente de faire équipe. Cette phase de réappropriation de l’espace de travail est nécessaire et demande du temps. 

Quelques pistes d’action : 

  • Avoir conscience que les salariés ont besoin d’un temps d’adaptation. Il convient d’adapter les objectifs de travail et les attendus en fonction de ce besoin.

  • Afin de faciliter l’adaptation et l’actualisation des repères de travail, il convient de donner de l’importance aux temps de réunion et temps d’échange pour permettre à chacun de se réinscrire dans le travail. Ces temps doivent être repensés et réorganisés en prenant en compte les gestes barrières.

  • En parallèle de l’importance des temps collectifs d’élaboration et d’échange, il convient d’être vigilant sur l’état de santé individuel des salariés : certains changements de comportement peuvent indiquer le mal-être d’un collaborateur (ex : isolement, agressivité…). Les ressources de chaque salarié pour faire face à la situation peuvent être différentes. Chacun ne réagit pas de la même manière à la crise sanitaire.

  • Formaliser la reprise de l’activité de votre entreprise en vous appuyant sur des sources et une documentation institutionnelle. Les salariés ont besoin de donner du sens aux mesures prises dans l’entreprise. Vous pouvez pour cela rédiger un plan de continuité de l’activité (PCA) en intégrant le volet santé au travail, vous appuyer sur votre document unique et sa mise à jour. Le site internet du SSTRN propose une base documentaire dans le dossier COVID-19 sur laquelle vous pouvez vous appuyer.

 


Ce contenu est généraliste à la date de mise à jour de cette page et susceptible de modification en fonction des recommandations des autorités sanitaires. Pour tout conseil personnalisé, contactez votre médecin du travail.