Attention aux addictions

Page mise à jour : 07/04/2020 à 00h30 

La période d'épidémie et les mesures de restrictions de sortie liées au confinement peuvent avoir de grandes conséquences sur les addictions. Les consommations de certaines substances (tabac, alcool, drogues,) ou certains usages (écrans, jeux d’argent…) peuvent être accrus chez des personnes addictes mais aussi chez d’autres du fait de l’angoisse de la situation, de la perte du lien social, du télétravail, de la peur de l’avenir ou de l’apparition de nouveaux comportements comme des apéros partagés par internet…

Mais le confinement n'a pas que des aspects négatifs : il peut permettre à certaines personnes de trouver la motivation pour enclencher la diminution de leur consommation.

 


 

Respecter les gestes barrières, y compris lors des consommations des substances psychoactives 

  • Ne pas partager une cigarette, une cigarette électronique ou un joint.
  • Ne pas partager un verre, une bouteille ou une canette avec d’autres personnes.
  • Ne pas partager de matériel (pailles, outils d’injections, aiguilles, etc.).
  • Si le partage ne peut pas être évité, essuyer avec un tampon d’alcool avant toute utilisation.

La consommation de substances psychoactives peut avoir un effet désinhibiteur et entrainer une baisse de la vigilance, ce qui va avoir comme conséquence un moindre respect des gestes barrières et de la distanciation sociale avec le risque de contaminer ses proches ou d’être contaminé.

 Plus d’informations sur drogues.gouv.fr.

 


 

En confinement, comment entamer et/ou poursuivre mon suivi en addictologie ? 

Les CSAPAS (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) restent joignables par téléphone pour entamer ou poursuivre un suivi par la mise en place d’audio ou visio consultations.

Liste des CSPAS de Loire-Atlantique :

  • Ancenis | 110 place Charles de Gaulle, 44150 ANCENIS | Tél. 02 40 96 01 93
  • Châteaubriant | 15 rue de la Libération, 44110 CHÂTEAUBRIANT | Tél. 02 40 28 04 76
  • Clisson | ZAC du Champ de Foire, 4 cours des marches de Bretagne, 44190 CLISSON | Tél. 02 40 73 49 25
  • Nantes Centre Ville | 1 rue Montaudouine, 44000 NANTES | Tél. 02 40 73 38 33
  • Nantes Nord | 54 boulevard Jean XXIII, 44300 NANTES | Tél. 02 40 40 97 96
  • Pornic | 2 rue du Docteur Auguste Guilmin, 44210 PORNIC | Tél. 02 40 21 01 96
  • Rezé Sud-Loire | 55 rue Jean Jaurès, 44400 REZÉ | Tél. 02 40 04 10 19

 


 

Comment faire renouveler mon traitement ? 

Il est très important de ne pas interrompre votre traitement sans l’avis de votre médecin.

Afin d’éviter toute interruption de traitement préjudiciable à votre santé, les pharmaciens d’officine peuvent renouveler, après accord du prescripteur, dans le cadre de la posologie initialement prévue et sans dépasser 28 jours, la délivrance de traitement de substitution aux opiacés (buprénorphine et méthadone), de médicaments contenant des substances à propriétés hypnotiques ou anxiolytiques, à condition que ces médicaments aient été délivrés au patient depuis au moins trois mois consécutifs (arrêté du 19 mars 2020).

 


 

Je suis fumeur, que faire pendant cette période de confinement ?

Les fumeurs sont plus à risque de développer des formes sévères d’infection. En effet, en plus de la vulnérabilité pulmonaire liée au tabagisme, l’attractivité du coronavirus pour la sphère ORL et pulmonaire fait des fumeurs une cible avec un risque accru de complications en cas d’infection.  

Aussi, en plus des gestes barrières classiques que maintenant vous connaissez bien (distanciation de 1 mètre entre les personnes, lavage des mains fréquent), il ne faut pas oublier de ne pas échanger les cigarettes ou les vapoteuses et de se laver les mains avant et après toute cigarette.

Alors que faire pendant cette période de confinement ?

Pour ceux qui ne se sentent pas prêt d’arrêter ou veulent passer à la cigarette électronique :

  • sachez que les bureaux de tabac sont ouverts ainsi que certaines boutiques de vente de cigarettes électroniques pour vous approvisionner (n’oubliez pas de prendre votre attestation de sortie) ;
  • veillez à protéger ceux qui vous entourent du tabagisme passif et fumer en extérieur ou à défaut à la fenêtre. 

Pour ceux qui ont décidé de mettre fin à cette addiction qu’est le tabac pendant cette période :

  • un soutien auprès de Tabac Info Service reste actif en appelant le 3989
    ou sur le site internet www.tabac-info-service.fr ;
  • les pharmacies peuvent proposer des substituts nicotiniques (remboursés sur ordonnance).

 


 

Durant la période de confinement, puis-je arrêter brutalement ma consommation ?

Soyez plutôt dans la réduction de votre consommation que dans son arrêt brutal. Selon le produit et la quantité habituellement consommés, un arrêt de la consommation du produit, sans l’accord au préalable d’un médecin et son accompagnement, peut conduire à des signes de sevrage avec des risques graves pour votre santé.

Cette période de confinement imposé peut être un temps de réflexion, d’évaluation de votre consommation de substances psychoactives (alcool, cannabis…) et / ou de votre comportement addictif (jeux d’argent, jeux vidéos, troubles du comportement alimentaire, achats compulsifs…). Cela peut vous permettre d’enclencher un premier contact avec les professionnels des structures en addictologie pour échanger sur ce sujet et être aidé.

Les CSAPAS (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) restent joignables par téléphone pour entamer ou poursuivre un suivi par la mise en place d’audio ou visio consultations.

 


 

Confiné, j’augmente mes consommations, que faire ?

Le confinement peut entrainer une hausse de la consommation de substances psychoactives. Le stress, l’anxiété, la perte du lien social, l’ennui, la peur de l’avenir, la précarité, l’organisation d’apéritifs via les réseaux sociaux et la perte du rôle cadrant du travail (pauses cigarettes limitées au travail, consommation d’alcool interdite sur le lieu de travail) sont des facteurs de risque de cette augmentation.

Il est important de mettre en place certaines règles dans le but de vous aider à maitriser votre consommation :

  • planifier votre journée de travail comme une journée de travail habituel ;
  • se lever à des horaires fixes ;
  • s’habiller, se préparer comme pour aller au travail ;
  • essayer d’établir chez soi un espace de travail dédié et confortable ;
  • définir un planning de travail ;
  • s’accorder des petites pauses (où il faudra essayer de maitriser ses consommations) ;
  • garder un lien quotidien avec son employeur et ses collègues (téléphone, mails, visio, réseaux, etc.) ;
  • créer un environnement favorable à la maitrise de la consommation (mettre les cendriers et les cigarettes loin du poste de travail, ne pas laisser de substances psychoactives à portée de main, les ranger si possible dans un endroit difficile d’accès) ;
  • garder une bonne alimentation ;
  • bien s’hydrater (eau, tisane…) et éviter les boissons sucrées ;
  • pratiquer une activité physique (nombreuses applications mobiles).

Pour la consommation d’alcool et dans ce contexte actuel, il est tout aussi important d’essayer de continuer à respecter les recommandations de consommation à moindre risque définies par l’Organisation Mondiale de la Santé (OSM) :

  • ne pas consommer plus de 2 verres par jour ;
  • avoir au moins 2 jours sans consommation dans la semaine ;
  • ne pas consommer plus de 10 verres pas semaine ;
  • pas de consommation d’alcool pour les femmes enceintes et les adolescents.

Attention, l’augmentation des consommations est susceptible d’augmenter les violences intrafamiliales et les accidents domestiques.

 Plus d'informations sur le site de l'ANPAA.

 


 

Conseils pour les employeurs

Si vous êtes employeur, vous devez prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (article L. 4121-1,2 du Code du travail).

L’environnement de travail peut protéger ou au contraire fragiliser les salariés face au risque d’addiction. Sachant que l’angoisse, la perte du lien social, la peur de l’avenir sont des facteurs de risque favorisant les addictions, pendant cette période épidémique, les entreprises doivent veiller à rendre l’environnement professionnel plus protecteur par rapport aux conduites addictives. Par exemple :

  • en évitant l’isolement des salariés, qu’ils soient en télétravail, au travail, en chômage partiel, en maintenant un lien avec les salariés, par téléphone ou mail, ou tout autre moyen ;
  • en donnant régulièrement des informations claires et à jour sur la situation…

 


 

Liens utiles

 

      

 

 

 Plus d'information sur le site drogues.gouv.fr
 Plus d'information sur le site de l'ANPAA
 Plus d'informations sur le site Les Apsyades