Travailler dans le froid : ce qu'il faut savoir

De nombreux salariés sont régulièrement exposés à des températures extrêmes dans le cadre de leur activité professionnelle (chambres froides, entrepôts, travaux extérieurs en hiver…). Ces situations peuvent avoir des répercussions sur la qualité de vie au travail et provoquer fatigues, douleurs ou encore accidents professionnels. Des mesures de préventions adaptées existent et permettent de limiter ces risques.

Selon l’INRS, environ 100 000 personnes travaillent en ambiances froides à des températures inférieures à 10 °C. L’exposition au froid présente des risques pour la santé des salariés et il est important d’être attentif aux premiers signes de baisse de la température corporelle.

Les risques liés au froid et les signes d’alerte

Le corps a des outils pour compenser la perte de chaleur, mais quand le froid est trop intense et que l’exposition est prolongée, les mécanismes corporels ne suffisent plus pour compenser cette baisse de température. Dans ce cas-là, il existe des risques de lésions cutanées (gelures, engelures) qui peuvent avoir des conséquences douloureuses et graves pour les salariés.

L’un des risques les plus important lié au froid est l’hypothermie, lorsque la température du corps est inférieure à 35 °C. Les premiers signes d'hypothermie sont des frissons associés à une fatigue importante, une peau froide, une sensation de confusion et de désorientation voire une perte de conscience. Dès qu’un salarié exposé au froid manifeste ces signes, il faut agir rapidement en alertant le SAMU (15) ou les pompiers (18) et suivre leurs instructions.

Associer au froid, certains risques professionnels augmentent : glissades sur sols gelés, troubles musculo-squelettiques plus importants, troubles vasomoteurs... La pénibilité au travail est également accrue avec une fatigue plus intense, une perte de sensibilité ou encore des difficultés dans les mouvements.

Les mesures de prévention

Afin de se protéger et protéger ses salariés, il est nécessaire d’être vigilant et de mettre en place des mesures de prévention adaptées.

  • Aménagements : mettre à disposition des salariés des locaux chauffés pour qu'ils puissent se réchauffer, isoler les surfaces métalliques, limiter le risque de glissade en choisissant des matériaux spécifiques pour les sols.
  • Organisation du travail : limiter le temps de travail au froid, prévoir des temps de récupération supplémentaires, éviter l’isolation des salariés et si ce n’est pas possible prévoir un système d’alarme ou de communication spécifique.
  • Informations : mettre en place une signalétique adaptée et des panneaux d’avertissement, informer les salariés des risques liés au travail dans un environnement froid et prévoir des formations adaptées.
  • Équipements de protection : choisir des vêtements de protection contre le froid, assurer une bonne isolation thermique de la tête, prévoir des chaussures antidérapantes et s’assurer du confort des salariés.

Respecter la réglementation 

Aucune indication de température minimale n’est spécifiée dans le Code du travail. Cependant, en cas d’exposition au froid, l'employeur doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la santé et de la sécurité de ses travailleurs (articles R. 4223-13 et R. 4223-15 du Code du travail). De plus, il est interdit d’affecter les jeunes aux travaux les exposant à une température extrême susceptible de nuire à la santé (article D. 4153-36 du Code du travail).

Si les salariés estiment que l’employeur n’a pas mis en place de dispositif de protection suffisant et que le travail dans un environnement froid les exposent à un danger grave et imminent, ils peuvent exercer leur droit de retrait (articles L. 4131-1 à L. 4131-4 du Code du travail).


Pour plus d'information, vous pouvez consulter le dossier le l'INRS.
Lire l'article sur le site de Le particulier.