Qu’est-ce qu’un cancer professionnel ?

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En moyenne, 1 840 cancers d’origine professionnelle sont reconnus chaque année en France. Un nouveau rapport de la branche Risques professionnels de l’Assurance Maladie révèle que ce chiffre est 3 fois plus élevé qu'il y a 20 ans. Mais qu’est-ce qu’un cancer d’origine professionnel et comment prévenir ce risque ?

Selon l’Assurance Maladie, on appelle cancer professionnel tout cancer dont l'exposition au travail à des agents cancérogènes a eu un rôle déterminant dans son apparition. Les cancers professionnels les plus fréquents sont les cancers du poumon, des fosses nasales, de la vessie et les leucémies. Parmi eux, la part liée à l’amiante est prépondérante (80% sur la période 2013-2017). L’Institut de veille sanitaire estime qu'en France, 4 à 8,5 % des cancers seraient attribuables à des expositions d’origine professionnelle. Généralement, la maladie survient longtemps après l’exposition à un agent cancérogène, le plus souvent après cessation de l’activité du salarié.

Un cancer peut faire l’objet d’une demande de reconnaissance en tant que maladie professionnelle. Cette démarche permet au patient de bénéficier de certaines prestations sociales et lui ouvre un droit à l’indemnisation du préjudice subi. La déclaration de maladie professionnelle doit être faite par la victime (ou ses ayants droit) à la sécurité sociale dans un délai de deux ans à partir de l’information d’un lien possible entre cette maladie et une activité professionnelle passée ou actuelle.

Chaque année, la prise en charge des cancers professionnels coûte 1,2 milliard d'euros à la charge des entreprises, via leurs cotisations accidents du travail et de maladies professionnelles.

Prévenir les risques

La prévention des cancers professionnels est identique à celle mise en œuvre pour l’ensemble des risques professionnels (repérer, évaluer, intégrer la sécurité en amont, supprimer ou réduire les risques, informer et former). En matière de prévention des risques liés aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction de catégorie 1 ou 2 (CMR), la recherche de substitution est une obligation qui s’impose à l’employeur et prévaut sur toutes les autres mesures de réduction du risque. En cas d’impossibilité technique, les expositions aux agents cancérigènes doivent être réduites au minimum par la mise en œuvre de protections adaptées en privilégiant les protections collectives. 

Pour prévenir l’exposition aux risques chimiques, l’Assurance Maladie – Risques professionnels propose plusieurs aides financières réservées aux petites et moyennes entreprises (Fumées de soudage, Airbonus, Stop Amiante…). L’objectif est d’aider ces entreprises à mettre en place des équipements pour protéger leurs salariés contre ces risques.

Des outils sont également à la disposition des entreprises : SEIRICH pour évaluer le risque lié à l’utilisation de produits chimiques ou des fiches techniques d’aide au repérage et à la substitution des cancérigènes disponibles sur le site de l’INRS.


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