Grossesse et travail : les recommandations de l’Anact

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L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) a émis des recommandations pour mieux concilier travail et grossesse. 

Une grande majorité de femmes travaille pendant leur grossesse et malgré un dispositif législatif et réglementaire protecteur, il existe encore des difficultés avec de lʼétat de grossesse des salariées dans les entreprises. C’est après les fausses-couches de deux employées de supermarché que le ministère du Travail a saisi l’Anact pour réaliser un état des lieux sur la situation de travail des femmes enceintes et de ses éventuelles spécificités dans la grande distribution.

Les principaux enseignements de l’étude

L’étude fait apparaître qu’il existe un manque d’information sur les précautions à prendre et les risques du travail pendant la grossesse, mais aussi sur les droits de la femme enceinte. Comme par exemple, celui de pouvoir demander une visite auprès du médecin du travail pour qu'il s’assure de la compatibilité entre les activités de la salariée et sa grossesse. Le médecin du travail peut préconiser un changement temporaire de poste en cas de besoin ou des mesures d'aménagement des conditions de travail (retirer certaines tâches, assouplir les horaires et la fréquence des pauses…). 

Dans la grande distribution, les femmes enceintes se disent souvent contraintes de gérer seules les difficultés accrues du travail par la grossesse (manutention, postures contraignantes…) alors que certains travaux peuvent être dangereux pour la santé de la mère et de l’enfant à naître. "Une majorité de femmes enceintes ou l'ayant été déplore avoir toujours à demander de l'aide sans qu’elle leur soit proposée spontanément" relate l’étude. Aussi, en lʼabsence dʼanticipation suffisante des possibilités dʼaménagements et d’organisation, la femme enceinte est arrêtée par précaution.

Recommandations et bonnes pratiques

Il existe cependant de bonnes pratiques répertoriées dans le rapport notamment des actions d’information comme la diffusion d'un guide de la parentalité en entreprise à destination des managers ou la création d’un module de formation « gestes et postures » aux futures mères volontaires.

Enfin, l’état des lieux de l’Anact préconise six recommandations. Elles valorisent une approche organisationnelle plutôt qu’une logique individuelle de gestion de la grossesse au travail pour favoriser le maintien au travail, jusqu’au début du congé maternité. 

  1. Renforcer la connaissance des risques professionnels pour la grossesse.
  2. Coordonner l’action des médecins du travail et de la périnatalité.
  3. Améliorer l’information/sensibilisation des femmes enceintes.
  4. Faire monter les entreprises en compétence sur l’effectivité de la conciliation grossesse et travail.
  5. Intégrer en entreprise une culture de la conciliation grossesse et travail dans l’évaluation et la prévention des risques.
  6. Valoriser les bonnes pratiques de la distribution identifiées lors de l’état des lieux.

Les six recommandations émises par l’Anact s'inscrivent dans le cadre législatif et réglementaire existant et dépassent le seul secteur de la grande distribution.


Pour en savoir plus :

Consultez l’étude "État des lieux de la situation de travail des femmes enceintes et de ses spécificités dans la grande distribution", Anact - avril 2017.

Retrouvez le dossier de prévention SSTRN "Grossesse et travail" et téléchargez le dépliant ci-dessous.